15.04.2009

Vers des écoles interactives

Je fais lien ici avec l'étude que j'avais produite, du temps où je m'occupais de la formation d'AL. Une étude sur les écoles de demain ( Vers d'autres écoles en deux parties republié aimablement  sur le blog de la convention de la gauche moderne ou ce qui se fait de mieux de ce coté là  de l'échiquier politique façon ile du coq, pour passer enfin à autre chose)

Thème que je poursuis ou qui me poursuit, va savoir; Condition sine qua non du passage à une économie des compétences, plutôt qu'à celle-là plombante, d'autant en certaines situations bien connues qui résument toute l'erreur française, si bien en chaire, l'économie des complaisances. 

Cela viendra dans un recueil, un livre si l'on veut, mais un livre c'est autre chose mieux libéré encore, suspendant l'excès du dire. En un tout autre espace. 

Comme je me débats avec ce parcours démentiel qu'on impose à quiconque veut aller au bout, entreprendre en ce pays jaloux, comme c'est décidé, ça passera, même si la crise, les deniers absents, les traites béantes, les chiens de garde qui de ce coté)-ci de la banque rançonnent encore, même dans le moins, je laisse ci-dessous un  texte écrit récemment sur ce sujet, lequel fait le titre de ce post. 

 

Vers des écoles interactives

 

La date est incertaine : dans  dix ou vingt ans, peut-être plus encore, on rêverait de moins.  Enfin mieux européens, nous avons appris ici  à apprécier le pluriel, et il ne vient plus à l'idée à personne de dire l'Ecole comme si celle-ci devait être unique.

Aujourd'hui, à  l'école des géographes du Grand Paris, A… va suivre en direct avec les sites de Portonovo au Bénin, de Bassano del Grappa en Italie, Récife au Brésil et Chandernagar en Inde, un cours d'économie comparée sur l'Action humaine de Ludwig von Mises, le célèbre  économiste autrichien. L'on y vérifiera encore une fois, l'illusionnisme de Keynes et consorts, ceux-là mêmes qui régnèrent si longtemps jusqu'à la grande crise des bulles. Il est prévu des travaux pratiques exigeants pour la suite.

Marine quant à elle, après sa matinée musique,  à la maison en compagnie de Carole et Rachel, filera rejoindre  le groupe de Vilnius, en visite pour un mois à son Lycée Fréderic Bastiat.  Six mois de rencontres sont prévues sur trois ans, et le reste du temps, communication via le net : de quoi faire plus que se croiser. La pratique est courante, et les moyens de communication aidant, le monde est l'horizon,  par delà l'Europe,  notre vaste terrain de jeu.

Depuis huit ans maintenant que les écoles sont libérées, formidable cette diversité des offres, cette inventivité en termes de contenus et d'alliances, de programmes et de rythmes, de suivi et d'horaires. En interaction avec les entreprises, elles  ne se contentent pas de les présenter, elles sont elles-mêmes des entreprises autonomes  sans cesse innovantes, libres d'embaucher qui elles veulent sur des listes d'aptitude ou même au delà. 

Chacun par ailleurs  choisit périodiquement sa formule  et la règle au moyen de chèques éducation, des dépenses supplémentaires plafonnées étant en partie déductibles de l'impôt à taux fixe de 16 % instauré il y a six  ans lequel va passer dans deux ans après réduction drastique de la dette publique, aux 12 % prévus,  et bien suffisants.

Le suivi personnalisé et l'évaluation détaillée  comme la mutualisation intelligente de ressources de qualité associée à une formation continue régulière de tous les professionnels intervenant à un titre ou un autre dans le processus d'instruction, sont maintenant au principe de la plupart des offres scolaires et de formation de tous niveaux, privées et publiques. 

Celles-ci privilégient le temps utile, le souci de la différence et de l'excellence, et combinent  tour à tour apprentissage, saine concurrence, et compétition en chacune des étapes proposées. L'on n'oppose pas ici pragmatisme et humanisme, on les conjugue. Il faut aussi qu'à un talent puisse correspondre ou se proposer un métier ou plusieurs.

L'Etat à présent  se contente seulement d'instituer deux évaluations nationales à 12 et 16 ans, dont la mise en oeuvre sans cesse améliorée est du reste  déléguée  sur appels d'offre à des entreprises et  associations spécialisées.  Veillant par ailleurs  au respect des droits fondamentaux,  il prévient vigoureusement toute dérive  intégriste  et la met hors-jeu. Pour le reste il n'intervient plus à tous propos mais laisse faire, arbitre en dernier recours surtout pour que reprenne le jeu. Les canards boiteux disparaissent inexorablement. Ainsi la confrérie globale, laquelle avait tant sévi du temps de la massification,  a perdu l'an passé après deux ans de sursis,   son dernier apprenant. Dorénavant, chaque élève, ce beau mot à la résonance un rien hébraïque,  fait consciencieusement ses gammes et arpèges, et pas un qui ne sorte sans manier sa langue, et même une ou deux autres. La littérature, jeune rescapée, ne s'en porte que mieux. Et les mathématiques voient leurs énoncés autrement mieux décryptés.

A… compte intégrer dans deux ans, le programme "excellence et diversité des cuisines européennes" de  l'Université franco-britannique.  Quant à Marine, fervente admiratrice de l'oeuvre d'Alain Madelin, je crois qu'elle va opter pour l'Université des cinq continents et son programme "droits naturels et législations, l'impasse des droits à". Mais elle n'arrêtera la musique. N…, lui,  a fait une pause et voyage,  on ne lui en tiendra rigueur bien au contraire :  on veut de ces intelligences forgées en réalités, on a besoin avant tout d'entrepreneurs, au sens large, ces artisans qui d'un petit rien tressent des chemins praticables. 

 

Ce sont les écoles et les universités, associées ou non  entre elles, qui élaborent parcours et diplômes de leur choix, et même si au final, bien des pneus se ressemblent un peu, la diversité toujours créatrice est ici au rendez-vous. Il n'y a cependant plus de concours, tout se passe par examen comme ailleurs, et à tout âge.  Du reste,  il ne viendrait plus à l'idée de personne de se croire propriétaire de la place qu'il occupe, et ayant enfin appris des américains, nous prions partout le meilleur de circuler périodiquement ; c'est devenu une habitude,  et  à tous les étages.  Personne ne s'en plaint, la réussite étant ainsi jouable pour chacun au mieux de son optimum :  lapin, lièvre, grenouille ou belette, même la pierre a ses chances. Quant aux secondes tigres elles font l'admiration de tous.  Le classement de Shangaï en atteste, nous sommes revenus parmi les meilleurs, nos Nobels du reste le confirment.  

Gérées par les grandes régions ou parfois par de grandes communes, les écoles publiques sont  cependant encore majoritaires.  Elles s'associent même entre régions européennes ou à des réseaux privés. Saine concurrence. Ainsi La région Midi-Languedoc déjà baguée à la grande Catalogne, s'est jointe récemment  au Bade-Wurtenberg, et au réseau européen des écoles privées d'ingénieurs, pour créer une filière multisites :  Nanomatériaux et maisons "intelligentes",  à l'Université européenne Friedrich  A Hayek.

La France, non plus que d'autres identités ne s'est pourtant diluée, bien au contraire : par le vent des dialogues, elle a repris pied et peu ricanent désormais.

Les  politiques, eux,  ne cumulent plus les mandats, et  des  périodes de jachère sont  obligées :  l'honneur conféré à ces délégations de haute volée ne s'en porte que mieux.

Le monde est toujours plus complexe et pour cela nous veillons au mieux à  faire place à temps à chaque intelligence au plus proche de ce potentiel si fragile que chacun porte en lui, mais nous acceptons aussi qu'en ce pays, les feuilles puissent ne pas avoir de fruits… comme le disait René Char. L'on ne saurait dorénavant se laisser déposséder de son potentiel de partage, sans quelque indignité, et tout,  au plus près s'échange ainsi bien mieux efficacement.

"Soyons enfin clairs". Ce qu'on veut vendre, on ne peut le présenter à la dérobée, déjà enrobé de motifs contradictoires. Le libéralisme, dont notre pays n'a de pratique que marginale, tant tout toujours y est d'abord encadré, répertorié, surveillé donc, le libéralisme et son infinie conjugaison de la liberté et de la responsabilité en chacun,  ce génial principe d'auto-organisation dynamique est le seul avenir démocratique et économique  à cultiver comme la seule porte de sortie par le haut du reste.

Face à  l'économie des places et son détestable pendant faussement compensateur, l'os à ronger de l'égalitarisme, osons enfin l'économie des compétences ouverte, changeante, imaginative.

Et ainsi, toujours mieux, par ce changement de paradigme, nous conjuguerons  nos champions déjà existants  à d'autres enfin libérés du glacis bureaucratique et qui manquent pour l'heure dangereusement à notre avenir.

 

PHS

 

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01.03.2009

Paradoxe de la goutte d'eau (1)

Il n'y a d'abord rien, pas une goutte d'eau, la terre est sèche, aride, sans lendemain. Quelques uns s'organisent, c'est d'abord du bricolage mal assuré, fait de tâtonnements, de redites, de découragements aussi. Manipulations un peu simiesques de la première industrie, quoiqu'on puisse entendre ce mot, via son étymon en hébreu, avec plus d'entendement. 

Les autres se désintéressent, et même ricanent devant les répétitions malencontreuses auxquelles ils assistent. On n'a jamais vu un cours d'eau par ici, et ce n'est pas demain la veille ma brave dame, que le désert sera fleuri… Ces entêtés de chercheurs faisant du bruit, il arrive  qu'on les chasse ou parfois même qu'on les élimine. 

L'un a apporté quelque outil pour creuser le sol, l'autre a observé ce qui tient alors lieu de monde, et déduit déjà des hypothèses un rien empiriques, un autre enfin fournit de jour en jour les provisions de bouche, pour tenir : il râle un peu bien sûr, mais le projet lui plaît, il ne sera pas dit qu'au moins ces fous ne trouvent pas quelque mare tapie dans les premières profondeurs du sol.

L'eau ayant là une importance que ne saurait avoir encore l'or, d'autres ayant flairé la perspective, se mettent aussi à cette boulange, un peu plus loin. Parfois, en un tourbillon les uns et les autres en viennent à tenter de s'éliminer, façon souvent courante hélas d'envisager le les uns les autres, mais comme d'autres encore observent méchamment, les creuseurs nouent des connivences : chacun a en effet intérêt à poursuivre sa petite affaire sans trop d'interruptions. Que le meilleur gagne. 

Il arrive parfois qu'au milieu de l'armée des creuseurs, une petite équipe trouve une source et la canalise. Cette source bien sûr était là, dans la nature, l'homme ne faisant que manipuler la création, mais à proprement parler ne créant pas. La masse passive des autres qui observait, parfois ricanait ou même empêchait ou éliminait, argumente aussitôt : cette eau là est pour tout le monde, c'est évident, nul ne devrait en être privé, c'est de bon droit. La petite équipe qui a découvert la source qui maintenant jaillit et rend boueuse la terre, cela fait des années qu'elle cherchait et s'échinait, et maintenant tous ceux là qui n'y sont pour rien, veulent leur part. Si elle les laisse faire, l'eau bien vite sera souillée ; c'est qu'il faut veiller à préserver les puits, vieux souci de l'humanité. 

Forte de sa découverte, elle s'organise donc pour garder les abords de la source, et plus la source est abondante, plus il faut du monde. Ce bien, de l'eau au fond du désert, ne l'est qu'à condition d'y veiller, et point absolument. Il faut compter qui prend de l'eau et quand. L'homme qui a fourni inlassablement les provisions de bouche aux entêtés, veut un peu plus de cette eau là, laquelle n'aurait été découverte sans  son investissement. Les chercheurs eux aussi, affairés à protéger la source, et à en canaliser le flux, veulent à présent boire à satiété.  Les passifs  protestent, disent que l'eau étant à tous, il ne peut y avoir de privilège pour l'un ou l'autre. En gros, sans rien avoir fait avant, ils veulent qu'à présent le partage prenne la place de l'échange. 

Dans les faits, les investisseurs et les entrepreneurs n'utilisent pour eux même qu'une toute partie du flot mis à jour et canalisé. C'est leur bien, issu d'une longue persévérance et d'une secrète attente. Une bouteille prélevée dans un flot qui maintenant sourit à la foule des passifs, un peu moins désobligeants. Qu'on puisse les qualifier de voleurs, parce que  la bouteille est impressionnante et l'eau immense, c'est méconnaître qu'ils ne maintiendront certes pas le contenu de la bouteille dans le tréfonds de ce sous sol qu'ils ont manipulé si longtemps avec tant d'opiniâtreté, mais s'en serviront, fort d'une première réussite, pour désaltérer d'autres équipes en d'autres lieux. Comme l'on aurait du mal à penser un écrivain sans quelque stylo ou son succédané, l'on comprendrait mal qu'un investisseur-entrepreneur  vienne demander la participation d'autres possesseurs de bouteille, sans mettre lui-même quelques bouteilles en jeu. 

10:09 Publié dans Paradigme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : eau, investir, entreprendre |

26.02.2009

Voilà le blème

"Le Ministère de la santé pourrait généraliser ce dispositif… " annonce la présentatrice du JT d'A2, à propos d'une initiative intéressante à Tinchebray, dont le journal vient de se faire l'écho. 

Dans ce bourg normand, qui a bien du mal à attirer des médecins, comme tant d'autres zones rurales, un étudiant de troisième année de médecine a contracté avec le maire, un accord lui permettant de financer ses études. En échange d'une bourse de 31000€ annuels jusqu'au doctorat, il s'engage à s'installer dix ans dans ce bourg de 55 000 habitants, ce qui fait moins d'1 euro annuel pour s'attirer un médecin, lequel bien sûr pourrait rester au delà. 

Pas besoin de généraliser cette initiative (la faire connaître oui, si fait) , mais la journaliste  en parlant de "dispositif", s'est trahie : la libre disposition de contractants,  déjà s'est perdue dans ce terme passe partout du volapuk administratif. Dorénavant ce qui s'est inventé là autour d'un besoin, pourrait devenir une disposition obligée. "Puisqu'on te paie tes études, viens que j'te dis à Tarquouette la belle alouette… t'as pas le choix"

Si le Ministère s'en mêlait au delà de répercuter l'initiative en ne se l'attribuant pas, sûr qu'on y mettrait bien vite, de l'administratite, de la gestionnite, ça provoquerait des incohérences et  pour finir ça coûterait plus cher ou beaucoup plus cher,  générerait des incohérences et ferait fuir. Mais l'inutile veut être de la partie, il s'invite et déjà la fige  en un dispositif, pain béni du bureaucrate, matière première de l'usine à décrets.

Qu'on s'abstienne donc sagement d'y mettre son grain de sel, et cette intelligence  de la société civile, outre qu'elle essaimera naturellement, en générera d'autres  encore  mieux adaptées, sans nuls coûts autres que ceux, modestes et librement contractés, qui rendent une offre mieux attrayante, à celui qui un temps ou toujours, sera médecin de campagne.  Sans nulle autre implication d'autres budgets pas concernés. Ah, surtout qu'on laisse faire !

09.01.2009

Enjeux du savoir et de l'intelligence

Republié ici, avant d'autres possibles, un texte écrit comme je participais aux Cercles Libéraux thématiques, Education et Net économie

 

Enjeux du savoir et de l'intelligence

 

"[…] Le plus qu'on puisse atteindre quant à la réalité est la probabilité."

 

Ludwig von Mises, 

Abrégé de  L'action humaine, traité d'économie, 

Les belles Lettres 2004

 

A condition de  ne s'avoir, mises en jeux au lieu de mise en joue.

Jeux multiples improbables dont nulle liste ne pourrait prétendre l'étendue, jeux démultipliés, d'où le savoir n'est intelligence qu'en sa remise en jeu.

Si la marque est blessure, alors "l'intelligence avant de savoir…", toujours dans le risque de s'avoir, monade du soi bientôt aphone, s'oeuvrant en sa perdition de peur de sa perdition. Intelligence: A à voir avec le nommé non point tant gagné sur l'innommé qu'en écho de l'innommable, trace immémoriale. Celui qui s'en empare, à ce qu'il croit ou feint de croire, même gagnant a de toujours déjà perdu le fil. 

Conservant, conversant.   לד Lomed-mélamed מלד versus  dice-doce.   De l'être à la demeure au risque du sans porte ni fenêtres. Dit et dire. Commune présence. Rien ne se garde qui ne regarde;  la lente courbure des lettres sur l'horizon. Et déjà réseau, de l'un à l'autre.  De l'optique à l'éthique, confiance dans les vents par delà l'étant. 

Les grimoires- quel savoir n'a des livres et ne serait un jour grimoire jusqu'en l'infinie virtualité de sa disparition - certes exigent des retraits insoupçonnés, nécessaires, mais l'épicier entasse comme le chercheur dé-pense. De l'un et de l'autre au moins pour que s'esquisse en chacun la première des socialités, commercer. Remercier, co-m-mercier. 

L'a-venir  dont nulle présomption jamais n'inféode le surgissement, l'avenir s'entend mieux comme ça circule de l'un à l'autre dans le monde, par delà les mondes, comme en suspension. Qu'on gomme l'interprétation, ce pas de deux qui fait déjà un mot et une maison parfois, qu'on veuille pour le message ce qui va très bien pour les tuyaux, et l'idôle masque les  visages, le tout saccage l'élan, le esse cristallisé, mensonger,  immole le b comme le v. En un retournement qui fait mentir notre étrange propension au tragique,  le point en somme sauve la lettre de sa prétention infinie.  Demeurer pour commencer, ou comment nous fîmes cultures et maisons, et comment aussi à chaque fois qu'elles furent confisquées, unifiées, ces ressources inénarrables en leur totalité mais qui appellent chacun à parler, s'estompèrent en des simagrées illisibles.

Mais de la maison bientôt comme de l'université. Elle s'éprend des palais, et les palais, suspicieux autant qu'envieux font place au passant, le fondent.  En ce labyrinthe du mauvais infini, resurgit la bête qu'on croyait subjuguée, comme du monstre à la  montre, notre belle langue peut nous mettre en garde. 

Ce qui s'échangeait sur les places souvent improvisées, maintenant apprivoisé, accumulé, n'a de chance de ne pas embourber les chants, qu'en se dispersant  sans cesse par les spirales de l'échange, nul ne maîtrisant le temps en quelque holisme infructueux. Si il y a un temps pour tout (mais la traduction induit en erreur, il faudrait  mieux dire pour chaque action), n'est-ce pas précisément à la condition de se détourner de cette pulsion du un, fusionnelle, qui oublie le deux, comme l'on dit aussi "de" d'une provenance. Nous ne saurons sans doute jamais domestiquer les ouragans mais nous avons fait parfois grand progrès du coté des ondes et de la mécanique des fluides, si ne s'oublie que le quantique à défaut d'assurer toujours les champs, ouvre le temps aux plus secrètes attentes. 

Alors sans doute, de ces fâcheux retards qui enserrent dangereusement notre avenir, nous pourrons faire le récit comme d'un mauvais passage. 

© PHilippe Seigneur 

 

 

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06.01.2009

Le souhait que ce soit enfin la bonne…

Dire "Bonne année", peut relever aux entournures de quelque ironie impromptue. C'est qu'il faudrait sans doute que ces souhaits soient suivis d'effet. Or à moins de vivre dans un conte de fées, ce que l'état du monde actuel ne nous renvoie tout à fait, il n'y aura jamais du bon que de part ce que nous ferons en ce sens. Responsables en premier. 

Ainsi que  ce souhait envoyé à autrui  soit l'engagement pour la période qui s'ouvre, d'un geste, de quelque don de soi, d'un mot, d'un appel, de la remise d'un objet ou de son prêt, de la communication d'une info, de la franchise d'un avis, d'une affaire partagée, d'un emploi ou une piste sérieuse, d'une participation ou d'un  soutien financier, tout ce qu'on voudra, 

… et d'un peu vide et convenu, il tressera déjà un peu mieux l'avenir entre nous.

Trouvé ce matin une correspondance parlante en hébreu : le verbe qu'on tire ici de la même racine que celle du nom "propagande", est "peiner". Bien vu ! Propagande ou le discours du biais, d'autant plus démultiplié que le vide croît et que les problèmes deviennent abyssaux.

Les mêmes qui juraient avoir tout sous contrôle, protestent d'autant plus qu'ils n'assurent plus. C'est qu'ils veulent préserver leurs clientèles auxquelles du reste ils refilent la note. Princes nous étions, princes nous resterons… Les bulles éclatent et les philtres du monde laissent apercevoir une réalité plus inquiétante. Les breuvages ne font plus suffisamment effet, c'est toute une collusion de grands manitous tant publics que privés qu'on découvre, bien peu soucieuse des autres, et entendant maintenant qu'on lui sauve la mise, comme si ces propriétés là étaient les nôtres et que nous nous devions d'en rendre compte. 

Je ne crois pas au contrôle, folie évidente dés lors qu' on est  face aux grands nombres - et quel individu du reste n'est déjà pas  une équation infiniment complexe… - je crois bien mieux à la responsabilité, sur tous les plans successifs, de soi, contractuelle, de l'autre et pour l'autre. Lisant cela en hébreu, on pourrait commencer par "pour l'autre", en venant à démontrer qu'il ne peut y avoir de vraie liberté qui ne soit intensément éthique, forgée dans le souci du prochain, telle qu'une "petite" remarque de Soeur Emmanuelle, diffusée sur un zapping de fin d'année, le rappelait. 

Des responsabilités complexes liées à la crise de notre monde, nul ne devrait s'exempter, et cela bien au delà des seuls financiers, banquiers, et hommes d'état. Certes ces derniers ont chuté, et joué avec l'avenir, et en cela ce qu'ils ont fait, devrait être discrédité pour l'avenir, au point qu'il devienne quasi impossible de s'y engager (non point du fait d'une interdiction mais d'un savoir bien diffusé), mais ce qui a été possible là, et joué abondamment, ne l'a été que du fait de l'assentiment de tous. 

L'on désigne ici trop vite, ce vilain mouton noir, que serait le capitalisme, monstre froid assimilé à quelque essence du mal. Or l'excès du capitalisme ici n'est pas tant responsable que son manque. Les placements garantis par l'état font qu'en dernier recours, la responsabilité d'un mauvais placement ne m'incombe plus vraiment. Je m'exempte donc par avance des conséquences, éventuellement fâcheuses ou désastreuses de mon acte qui en cela n'est nullement assumé. Le petit propriétaire d'un bien immobilier, qui ne pouvait l'être et le savait fort bien, le courtier en banque, la banque régionale, les banques chapeautantes, les réseaux financiers complexes mélangeant à la niçoise des créances sûres à d'autres incertaines, les autorités monétaires ou dites telles, fournissant le cash à bon prix pour toute cette chaîne, tout le monde  a manqué à une responsabilité, dont l'on voit bien que d'emblée elle n'est pas là que pour soi mais déjà pour l'autre. Exempter les plus fortunés des conséquences de leurs actes ne peut amener à plus de sagesse les plus nécessiteux, qui ne le sait. 

Mais complexifier encore les règles, et les contrôles, ne produira jamais que des parades à la mesure des sophistications adverses, et pas plus de vertu. Celle là ne gagne en vertu et en intensité que de par le progrès de l'exercice responsable des libertés…

il y a, loin des fausses solutions étatistes, brandies une fois de plus par nos drogués à l'état nationaux, à faire le pari de la liberté comme le revendique Vaclav Klaus, un président européen qui a  aussi un propos clair et honorable  quant à la guerre défensive d'Israël à Gaza, à la différence de la position française, reprise par le grand camarade. 

  • Faire le pari de la liberté, c'est faire le pari simultané d'assumer cette liberté, et donc aussi ses revers ;
  • Faire le pari de la liberté, c'est redéfinir la surface de l'état, comme ses limites et ses relations avec la société civile dont il doit rester une émanation modeste soumise à l'état de droit ;
  • Faire le pari de la liberté, c'est préférer d'abord l'échange au partage, et oeuvrer à un marché sans cesse mieux ouvert : en celui-là, des banques auraient fait faillite,  d'autres mieux instruites et moins gourmandes seraient nées ; D'autre part, garder la main quant au partage, lequel n'a à être à priori collectivisé et anonymé
  • Faire le pari de la liberté, c'est opter pour l'échange avec son prochain et la valeur qui peut en advenir plutôt que de tenter de  se protéger de l'échange en voulant réglementer l'échange des autres. C'est donc aussi respecter quelle qu'en soit la proportion et la diversité, la propriété d'autrui, sa plus sûre façon d'être là ; Au moins pour l'entretenir aura t-il recours au travail des autres.
  • Faire le pari de la liberté, c'est choisir d'être acteur des formidables mutations à l'oeuvre dans le monde, tant au plan de la mondialisation, que de la révolution technologique sans cesse à orienter, c'est s'engager dans ce formidable mouvement seul à même de redistribuer les cartes. C'est contre la pyramide et les châteaux, choisir le rhizome des réseaux et la diversité du vivant parmi lesquels les  humains… 
  • Faire le pari de la liberté, c'est faire gagner ta liberté …  pour que la mienne par des voies innommables et variées se retrouve ou s'étende encore. Et c'est croire à ta liberté d'individu à un point tel que m'oubliant, je donne. Le don, point nodal du tryptique, DONNER-ECHANGER-PARTAGER, qui se retrouve en chaque mouvement, tel le principe de vie.
  • Mais la liste est ouverte, criticable et modifiable. Pourquoi ne pas participer à Libres Passages
  • Faire le pari de la liberté, pour les libéraux qui en sont convaincus, ne serait-ce pas aussi apprendre sans cesse les voies modestes par où faire entendre cette conviction singulière en toute amabilité et empathie pour autrui ? Cela passe, il me semble par des paroles qui renouent  avec la narration, et les visages des hommes. Nul là n'a à décider du monde pour autrui. Nul là n'a à empiéter, même du fait d'un savoir ou d'une grande connaissance sur ce qui lui conviendrait à priori. Le pas de deux est au moins à ce prix, et la fête alors parfois commence déjà…

Ce serait aussi passer d'Aristote, (où le mot ami est polysémique désignant toute espèce de relation non hostile, faite d'intérêt, de plaisir ou de vertu, plus rare, de la plus intime à la plus citadine, passer d'Aristote et le régime de la réciprocité (et du comment aussi il s'annule "oh mes amis, il n'y a nul ami")  au vécu de la geste éthique par Lévinas, où autrui n'étant jamais moi, je ne peux l'envisager et l'accueillir qu'en sortant de moi… 

Bonne année donc. A charge pour nous, qu'elle soit à la hauteur de vos enjeux et de vos espoirs. Et des passages à libérer… 

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06.04.2008

Ordonnancement

Avant même de nommer, marquer, signifier au dehors, il faut construire ce que l'on indique avec la patience tenace du bâtisseur, attentif à ce que d'une idée puisse sortir quelque solide charpente.

C'est ce bâti là qui porte la marque et la justifie, et non point l'inverse.
D'un coté le pas à pas d'une suite d'échanges et d'actes effectifs qui de proche en proche mais aussi du proche au lointain font peu à peu un parcours et un séjour.
De l'autre l'orgueil quelque peu vain du magicien, qui confère à des mots même jolis, l'apparence d'une réalité, au demeurant introuvable et bientôt perçue comme mensongère; tout le contraire de ce qu'on fomentait du coté des élans.

On ne peut certes se passer de la signalétique qui conduit les passants du coté de nos urbs, encore faut il qu'on ait quelque chose à montrer.

Aussi, l'hypermodernité et les illusions de puissance qu'elle induit, ne remettent vraiment en cause la prudence du vieil adage: "ne pas mettre la charrue avant les boeufs.

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07.02.2008

Traçabilités

D'une main vagabonde, le premier homme creuse dans le bois ou la pierre, un trait mal assuré. Il ne sait de toute évidence ce que là il fait, c'est une marque pour voir plutôt que pour conquérir, une marque qui dés son début a parenté avec la blessure comme un sillon en la terre.

Une marque qui a trait au nom, à sa dynamique improbable, aux noms que l'on donne aux choses et aux êtres, ou plus généralement à ce qui là devant soi a semblance d'être. Une marque pour accueillir comme pour contenir, l'un et l'autre et de l'un à l'autre. Une façon de se différencier, ou plutôt par delà l'illusion du soi, de rechercher indéfiniment sa différence. 

Marquant je mesure, je porte des lignées, je relie aux objets les mains qui les ont portées tour à tour, en un vaste jeu de relais, presqu'infini. Je dis par là que bien que singulier, je ne suis jamais le premier. Ainsi cette tradition de la parole commentante qui cite ses sources comme autant de noms propres en écho d'un nom qui se cherche.

Il arrive qu'on oublie cette dette symbolique, qu'on la considère comme incongrue, et  qu'en un raccourci d'homme pressé, l'on n'ait le temps dit-on en cette hyperéconomie de la modernité, disons-le, de remercier. Ainsi commencent toujours les dénombrements et le peu de cas qu'on fait des autres, leur réduction du nombre au chiffre sans écho, et bientôt aux séries où se brouillent les visages en noms collectifs puis bientôt encore en statistiques. Nous sommes arrivés en Histoire, là où seuls surnagent quelques visages dont on nous narre à longueur de jour et de nuit, les péripéties, soucis comme exploits.

La traçabilité c'est cette pratique qui d'un premier signe retrouve les traces en d'autres signes plus en amont, c'est l'attention aux propriétés, à ce qui de l'un à l'autre s'est transféré; c'est encore une façon de ne pas oublier et d'interdire la suffisance du soi,  de son soit-disant sain et sauf. C'est rappeler aussi ce qui en tout droit surplombe, quelque devoir auquel nul autre ne vous oblige vraiment, mais par où l'avenir s'estompe ou s'annonce. De cet oubli, les guerres innombrables et surtout l'esprit de guerre qui en cet hyper modernité rend illusoires les belles plages de paix un peu trop sages pour être honnêtes comme l'humanité déjà se déchire ailleurs. Il y a dans l'art des salons comme des cours, une indifférence au réel qui finit toujours par être suspecte. 

Intranquillité de l'homme sans qualités, exposition à l'impératif qui là ouvre ou referme, non point même une perspective, mais le pas d'après ténu, infiniment ténu, et pourtant, chant de tous les trésors. Tension du nom propre qui pousse dans le presque rien, comme une conscience à l'oeuvre qui ouvre des chants dans les champs, demeure qui meurt tout aussitôt qu'elle se ferme au partage. En cela si l'échange déroule l'espace d'un possible, il ne se développe que du partage qui sans cesse relance sa dynamique spiralée. Rien ne devrait être ici délégué, tout au mieux comme une tension, un horizon, infiniment assumé, à ce prix  seule la paix, et la solidité même du plus frêle esquif…

L'Oïkos s'effondre sous les coups de la macro, qui ignore les noms, ou les efface, et se développe dans le jeu des résonnances multiples des répons en tous sens, et à tous niveaux.

Il me semble que le vrai libéral, attaché à la combinatoire des droits essentiels que sont la liberté et  la propriété, dans l'espace sans cesse à approfondir d'une égalité politique, celle que porte l'intelligence du mot hôte en français, devrait apprendre toujours mieux à faire le plus grand cas, de cet art de la citation et de la trace. Communauté des vivants et des morts, sans lesquels le soi confine au sot, désorienté. C'est aussi par l'infinité en soi des autres que pas à pas, une voix s'annonce et se laisse entendre comme entre éveil et sommeil. Une voix qui témoigne, et appelle aux récits, qui décanille l'illusion totalisante de la soi disante grande Histoire. Une voix, point tant un combat, où la réthorique n'est déjà qu'insuffisance, et une voix encore et encore, au delà même de l'horizon rassurant du même qu'ouvre la dialectique. 

Croire qu'ici, je ne m'adresse  pas aux insuffisances foncières de la bêtise politique,  serait au fond ne m'avoir lu avec l'attention nécessaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

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21.04.2007

Identité et altérité

Note déjà ancienne non encore publiée. Dont acte.

Le débat politique s'enfle en ces jours de présidentielles autour de la notion d'identité nationale. 

Rappelons ici ce que veut dire identité. Ce mot désigne unn rapport d'équivalence formelle, réelle ou supposée entre deux objets.

Ainsi sont considérées comme identiques deux automobiles de même type, de même série, et de mêmes finitions et couleurs.

Pour ce qui est des hommes, il y a leur commune appartenance à une espèce aux variations infinies, mais l'on en est venu, quoique tardivement et avec bien trop d'exceptions encore  ou une exigence souvent insuffisante, à considérer que la différence de l'un à l'autre ne valait exception et retranchement du lot commun. 

De l'un à l'autre si l'on y songe sérieusement, il n'y a que de la diversité, et c'est ce qui fait la singularité au final, tout du moins comme une promesse, de chaque nom propre.

 Les hommes, et les femmes comprises dans le premier substantif, quoique souvent incomprises, se sont associés de diverses façons et de l'urb à l'Etat-nation, se sont constitués en peuples, partageant langues, coutumes et territoires. Façon de neutraliser l'inquiétante étrangeté du monde, peut-être. Souvent, ils se sont clivés en ces sous-ensembles, et se sont opposés avec une cruauté jamais en reste d'invention. Mais tout aussi bien, ces entités ont dessiné dans le temps de génération en génération des continuités plus ou moins résistantes. De cela aussi sont nées des perspectives et ce que l'on appelle des identités nationales. Tout groupe tend à se constituer ainsi, mais ce qui peut lui être fatal, est qu'il se clive et exclut tout autre. Comme cela n'est jamais assez pur, alors il en vient à se décompter jusqu'à cet or pur d'une identité mythique introuvable. Cependant, il existe bien des constantes qui dessinent des appartenances, et chaque homme en quelque sorte appartient à un ou plusieurs cercles de la sorte. Que le cercle soit spirale offre ici une accalmie à la pulsion d'ordre et de pur. Ainsi a étant déjà a' ouvre à l'infini des lettres. 

L'identité est une réalité jouable qu'à partir du moment, où la dénigrer ou la figer en des rituels poussièreux, tout à la fois elle s'affermit et s'enrichit des altérités qui en font la partition multiple. 

Pour revenir à la terre ferme de la chose politique, une identité forte s'impose et impose, il me semble bien mieux en se projetant dans l'avenir qu'en se repliant sur elle-même en un réflexe de forteresse assiégée. Ce qui ne veut dire sombrer dans le relativisme justement dénoncé par des esprits vigilants. Tout pays me semble ainsi en droit et même en devoir d'imposer au nouvel arrivant le respect de son identité, en gros de ce qui est considéré comme non négociable, qu'il s'agisse de culture, de moeurs ou d'organisation politique. Nous sommes hypocrites et complaisants lorsque nous faisons mine de méconnaître par soi-disant grande âme, ce qui n'est en "nous" pas négociable. L'accueil ainsi compris n'ouvre en fait à aucune intelligence de la coexistence à venir et le relativisme n'est rien d'autre qu'un épiphénomène du mythe égalitariste, qui ne satisfaiisant au final personne, est le ferment assuré de toutes les discordes jusqu'aux plus grâves. 

Je rejoins Edouard Fillias lorsqu'il persifle joliment à propos des identités de bazar par trop brandies, un peu comme un merci sans merci et la kyrielle de bonjours, qui n'ouvrent à aucun engagement. Les fêtes foraines à la "jours de fête", m'ont toujours fait sourire. Bardées d'atavisme, de réflexes coutumiers. Rites tribaux, trivialité de l'être là qui n'aurait certainement pas donné envolées et progrès, venus de beaucoup d'autres, souvent en l'histoire un peu à l'écart. N'oublions pas puisqu'on parle parfois de "la langue de Molière", mais qu'on la parle si peu chez les adeptes du zapping et du cinq sur cinq univoque, "c'est sûr je serai compris", n'oublions pas que ce génie n'eut qu'à peine droit à sépulture. Glorieux pays qui n'a que bien peu validé en interne, ce qu'il s'empressa de revendiquer en externe pour sa glorieuse renommée. Pour revenir sur ce débat, si ce qui fait le sentiment d'appartenance est une langue, elle n'a tant besoin des oripeaux historiques que de citoyens réellement instruits de sa subtilité. A l'identité répond le mot altérité. Pas plus que le premier, ce mot atteint à quelque exactitude. Il n'y a pas à proprement parler d'autrui, (en cela objectivé et déjà constitué en un il), mais un tu, qui a nom propre et visage au sens de ce qui se présentant se dérobe à la saisie, tel que nous en instruit Lévinas. Ce serait donc du progrès de l'affirmation de singularités, toutes autres, orientées vers et face au visage d'autrui mais aussi à l'infini du tiers, que se produirait un pays, bien au delà du territoire qu'il occupe et des étagements qui y ont cours. Comment penser que le renforcement de l'Etat pourrait produire mieux ce qu'on attend là, lequel suppose que chacun, libre et responsable, découvre le subtil écho qu'il y a entre réponse et responsable? L'Etat, sujet qui n'est qu'une fiction, anonymant, fait s'éloigner cet objectif, et se place entre ceux qui échangeant. Il présuppose la définition d'un intêret général fallacieux qui n'est jamais issu que de la somme combinée d'intêrets particuliers utilisant ensuite son pouvoir de coercition pour l'imposer. L'institution étatique alors courcircuite la libre production de cet intêret au sein de la société civile. Délaissant sa justification, encadrer les échanges d'un cadre large rappelant fermement les droits naturels, l'Etat est utilisé pour limiter les conditions de l'échange, ce qui présuppose que l'échange est quelque part suspect si ce n'est carrément mauvais. De la garantie qu'il devrait produite, l'état de droit ( la rule of law), auquel les pratiques et actes des institutions de l'Etat devraient être soumis sans nulle exemption, l'Etat est passé à l'intervention dans les échanges. Au passage, il s'est arrogé des pans entiers de l'activité, soustraits à la liberté du marché, pour des motifs fallacieux. On comprend bien qu' en un tel Etat, dont bien des arcanes s'imposèrent sous le premier empire, on ne puisse accepter que l'éducation relève d'une libre concurrence des acteurs. S'il faut modeler, il importe de contrôler la machine, et de contingenter à la marge les autres acteurs.

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