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28.09.2009
Sarkozy gouvernera avec les libéraux, sans les socialistes
L'Europe apporte de temps à autre des bonnes nouvelles, tel est le cas outre Rhin où le FDP et Guido Westerwelle (noms en soi renvoyant excellemment aux ouvertures qu'il veut promouvoir) réalise un score jusqu'à là encore inégalé et surtout pésera dans les orientations politiques à venir, sachant que de toutes façons, la politique d'Angela Merkel avec le SPD (lequel eut en son sein en d'autres temps un dénommé Schroder, lequel fit ce qu'avait envie de faire en son temps Bérégovoy, "remercié"…) n'avait que peu à voir tout de même avec la collusion socialisante à laquelle on assiste sur tant de dossiers du coté de notre basse-cour où les coqs nains fort jolis virevoltent entre les pools, veulent séduire partout, et ne changent rien vraiment, tout du moins jusqu'à ce point de décision où il y aurait un avant et un après.
Certes des avancées sont esquissées, qui iraient dans le bon sens, si l'on en venait à se passer de la façon troisième tour si courante en France où le paritarisme syndical se pare d'une légitimité morale supérieure, bien peu en rapport qui plus est avec la réalité de sa représentativité. Et puis il y a des autonomies, qui ne sont qu'en façade, et un vice de forme, dans l'attelage bonaparto-"libéral", où le dernier terme est abusif au regard des politiques menées. On ne peut produire une avancée libérale qu'en restituant à la société civile ses prérogatives, son pouvoir de décision et ses responsabilités, non point en continuant à l'encadrer à tout propos, à la traiter en bébé. Une vraie réforme territoriale (il y a des points positifs dans ce qui est proposé au plan des économies d'échelle mais…) passerait par l'instauration d'une vraie subsidiarité ascendante, notamment au plan fiscal. Ainsi le territoire lèverait impôts et taxes et en restituerait une partie à l'Etat central pour son fonctionnement régalien, et quelques autres missions dûment encadrées dans le temps et évaluées systématiquement.
Le FDP a développé son message en direction de la "classe moyenne", c'est à dire du gros des troupes électrices ( à sciences po, il semblerait qu'on appelle cela d'un terme peu aimable un rien discriminant, "le marais", et nous croyons que c'est justement cette arrogance des formatés qui ruine trop souvent le message. On ne joue pas l'empathie, on en a ou pas, et si oui, on la développe sans cesse) ; ce que "nous" (j'indique ce pronom en référence à nos tentatives infructueuses, les guillemets renvoyant à ces échecs, qu'on n'a encore pas pris la peine d'interroger, laissant aussi la charge interrogative à ceux qui comme moi pourraient sans concession l'instruire et la mener au delà de vains affrontements) n'avons fait, tant il importait d'abord d'apparaître du coté des sunlights parisiens, de là où ça se compte en cours diverses et perverses, où ça s'agglutine du coté du who's who, suite peut-être logique à d'autres étapes sélectionnées, mais absence de ce qui fait le sel de la politique, le terrain, le souci pour l'autre, et le travail sérieux, approfondi, contradictoire, décliné, des dossiers et de réponses jouables, là où précisément l'on cesse de brasser l'utopie pour rentrer dans le vif du sujet, imaginer les transitions ou comment gagner l'assentiment si ce n'est parfois les coeurs autour d'objectifs raisonnables.
Cette orientation, laquelle serait la vraie alternative, mue par l'urgence, se vérifiant du coté de ce point névralgique où responsabilité s'entend dans son étymon, réponse, est d'autant plus indispensable que l'assise n'est pas assurée, que le nombre est minime et marginal (et l'on peut grossir comme un paon des chiffres fantasques, il ne font un suffrage). Cette orientation est la condition sine qua non d'un ensemencement. D'autres, consultés et célèbres en cour, le dirent : s'atteler à deux ou trois sujets, et creuser, approfondir, décliner, rendre palpable, parfaitement jouable, communiquant à la mesure de cet avancement du coté des gens, lesquels eux-mêmes de petites ambassades en petites ambassades fomenteront les embrassades futures, méritées. Mais lorsqu'on se veut premier d'emblée, et que l'on ne peut s'imaginer autrement qu'ici, dans l'un, ce cheminement est négligée, au mieux mis au service de l'ambition mais point tant à son principe fondateur. D'où un déficit de légitimité qui même en ces tous petits cercles des convaincus génère le mauvais infini de la scissiparité où la différence n'est l'occasion que de la distance. La confiance se gagnant, et pouvant aussi se perdre, toute malversation, mensonge, jeu avec les apparences, coups tordus, mépris divers et évitements, phrases assassines augurant mal de paix à venir, tout cela ruine ce terreau fragile qu'il faut construire, là où il n'y a encore que désert, où nous n'en sommes nullement au temps du dessert.
Dans le fleuve déchaîné, nul ne se jettera autrement que contraint et forcé. Et le cours, grossit de proche en proche, des attentes infinis est d'autant plus menaçant. Produire la passerelle, suppose de décrire sans concessions hypocrites le terrain à quitter mais aussi sans mépris (les hommes ne sont à ce que je sache jamais des moutons n'en déplaise aux simplificateurs et ils ont le droit de s'être trompés, surtout lorsqu'on s'est employé copieusement à les tromper des années durant en tous canaux, et que cela continue…) mais aussi de produire le terrain qu'on veut promouvoir, à décrire simplement mais avec la possibilité d'une circulation toujours plus profonde du coté des raisons, le paradigme appelé (si le propos doit être bref et simple il doit renvoyer de liens en liens à tout un appareillage argumentaire, où l'on ne se pince pas le nez lorsqu'on entend vulgus. Il y a en effet quelque raison de se méfier d'une telle attitude de faussaire, et à ce que je sache, dans démocratie il y a peuple).
Si Sarko ne gouverne point avec les libéraux, c'est du fait de positions fort peu libérales en nombre de ces propos et actes, mais cela interroge aussi la capacité des libéraux du coté de leur capacité à produire un paradigme si ce n'est sexy, tout du moins acceptable, quant à leurs propositions. Comme l'homme du trop de lettres gagne à s'obliger à quelques chiffrages nullement désolants, les adeptes de la sophistique du chiffre gagneront à s'obliger à parler, et innerver un langage commun. Pour le péquin moyen, largement pris au piège d'un système impossible, mis en joue de toutes parts, il faudra tout à la fois rendre possible la proposition segmentée du coté du porte-monnaie, mais aussi en faire entendre le surcroît de justice et de souci d'autrui. En démocratie, on ne peut gagner du coté des assemblées d'actionnaires, il faut donc élargir mais sans renoncement au paradigme. Cela demande une attitude de veille, de suivi des propos, le refus de l'ornière polémiste, le souci d'un toujours plus avant non pas prononcé d'un ton méprisant, mais argumenté bien loin des gros mots valises, qui ne disent rien sur ce que c'est ou ce qu'on ferait ou fera. La restitution de la liberté et de la responsabilité qui va avec implique ainsi non pas des replis égotistes, où régnerait par trop le chacun pour soi, mais la nécessité d'une prise en main localisée des situations, où il faut alors produire les solidarités nécessaires : en clair le collectif est déplacé de l'anonymat éthéré, et vain de l'étatisme à une réalité localisée où il joue pleinement en termes de décision et de responsabilité mutualisées, ce en une différenciation infinie d'une situation à l'autre (ne doutons pas que par le jeu des contiguïtés et la communication spontanée des expériences, tous peu à peu adopteront l'aisance du pneu, et délaisseront la roue de charrette au sympathique musée des vieilles charrues. Il n'y a donc nul besoin de limiter les écarts de réponses selon les situations pour que se diffuse à terme le meilleur escomptable).
Pour les libéraux français, éparpillés et échaudés, pas si clairs sur leurs fondements pour beaucoup d'entre eux, se complaisant en chapelles picrocholines largement illisibles et un rien sectaires, cela demande d'une certaine façon un grand chambardement à laquelle la formation de beaucoup d'entre eux ne les a habitués. Il ne faut pas tant produire le théorème que s'obliger à de réels travaux pratiques, en s'interrogeant sur les passerelles à produire et leur lisibilité escomptée, il faut faire advenir le déroulé d'une narration qui produise la conviction, et ce en partant du détail des vies rencontrées, lesquelles devraient être pierres d'achoppement par lesquelles produire dynamiquement l'argumentaire. Ce fut et c'est toujours la proposition que j'ai esquissée par le projet Libres Passages… lesquelles, vies, devraient être mises au principe de la proposition et de sa validation concrète, déclinée. Répondre à la situation désastreuse du pays, à la nuit des empêchements qui rivent tant de libertés au plan concret, à peu de choses et à une limitation en tous sens, répondre autrement que par une réédition des vieilles recettes, mais en prenant soin de ne pas replier sur le récipiendaire un excès de responsabilité qui l'étoufferait, tracer des perspectives, esquisser des ponts, c'est ce que nous devrions nous mettre en mesure de faire, avant toute réduction phénoménologique au carré un rien étroit des appétits politiciens. On vous appellera d'autant mieux que ça et là vous aurez répondu, produit des chemins, démontré l'excellence de vos orientations, partagé et enrichi la connaissance par un dialogue ouvert et non sectaire (acceptant donc des éloignements sans les "criminaliser").
La position du "juge" qui attend que l'autre tombe, emprunte de préjugés, exempte des dialogues nécessaires, et de la nécessité de produire les argumentations et leurs déclinaisons. D'où la déshérence politique constatée, laquelle ne fait que renforcer les lourds préjugés enkystés et réitérés qui règnent ici à propos du libéralisme, véritable diable des temps modernes, responsable de tant de maux, sans coeur à abattre sans faiblesse. De ce constat, notre positionnement ici a surtout le choix de l'arme de l'ironie, mais rien n'empêche que contre toute attente on en arrive à ce meilleur partage du rire qu'est l'humour. Puis, comme il s'agit de convaincre, il faut produire les déclinaisons du paradigme et cela demande cette prise en compte du terrain que j'ai évoquée plus haut. Partir de réalités individuelles, et mettre en compétition les solutions,(la ou les dominante(s), et celle que l'on propose), ceci assorti de l'accompagnement nécessaire au passage du guet, d'autant que le fleuve est d'ores et déjà déchaîné.
Voilà ma conviction, voilà ce que j'aimerai développer, moyens minimum requis s'entendant, bien avant tout nouvel arrangement statutaire et sa petite moisson escomptée. Je parle de loin, en allusions mais j'ose espérer qu'on me répondra ici, que ce blog visité régulièrement même en l'absence de posts ces derniers mois, ouvrira à des commentaires, esquissera ce dialogue nécessaire.
Philippe
09:41 Publié dans Chroniques de l'Ile du coq | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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