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15.04.2009
Vers des écoles interactives
Je fais lien ici avec l'étude que j'avais produite, du temps où je m'occupais de la formation d'AL. Une étude sur les écoles de demain ( Vers d'autres écoles en deux parties republié aimablement sur le blog de la convention de la gauche moderne ou ce qui se fait de mieux de ce coté là de l'échiquier politique façon ile du coq, pour passer enfin à autre chose)
Thème que je poursuis ou qui me poursuit, va savoir; Condition sine qua non du passage à une économie des compétences, plutôt qu'à celle-là plombante, d'autant en certaines situations bien connues qui résument toute l'erreur française, si bien en chaire, l'économie des complaisances.
Cela viendra dans un recueil, un livre si l'on veut, mais un livre c'est autre chose mieux libéré encore, suspendant l'excès du dire. En un tout autre espace.
Comme je me débats avec ce parcours démentiel qu'on impose à quiconque veut aller au bout, entreprendre en ce pays jaloux, comme c'est décidé, ça passera, même si la crise, les deniers absents, les traites béantes, les chiens de garde qui de ce coté)-ci de la banque rançonnent encore, même dans le moins, je laisse ci-dessous un texte écrit récemment sur ce sujet, lequel fait le titre de ce post.
Vers des écoles interactives
La date est incertaine : dans dix ou vingt ans, peut-être plus encore, on rêverait de moins. Enfin mieux européens, nous avons appris ici à apprécier le pluriel, et il ne vient plus à l'idée à personne de dire l'Ecole comme si celle-ci devait être unique.
Aujourd'hui, à l'école des géographes du Grand Paris, A… va suivre en direct avec les sites de Portonovo au Bénin, de Bassano del Grappa en Italie, Récife au Brésil et Chandernagar en Inde, un cours d'économie comparée sur l'Action humaine de Ludwig von Mises, le célèbre économiste autrichien. L'on y vérifiera encore une fois, l'illusionnisme de Keynes et consorts, ceux-là mêmes qui régnèrent si longtemps jusqu'à la grande crise des bulles. Il est prévu des travaux pratiques exigeants pour la suite.
Marine quant à elle, après sa matinée musique, à la maison en compagnie de Carole et Rachel, filera rejoindre le groupe de Vilnius, en visite pour un mois à son Lycée Fréderic Bastiat. Six mois de rencontres sont prévues sur trois ans, et le reste du temps, communication via le net : de quoi faire plus que se croiser. La pratique est courante, et les moyens de communication aidant, le monde est l'horizon, par delà l'Europe, notre vaste terrain de jeu.
Depuis huit ans maintenant que les écoles sont libérées, formidable cette diversité des offres, cette inventivité en termes de contenus et d'alliances, de programmes et de rythmes, de suivi et d'horaires. En interaction avec les entreprises, elles ne se contentent pas de les présenter, elles sont elles-mêmes des entreprises autonomes sans cesse innovantes, libres d'embaucher qui elles veulent sur des listes d'aptitude ou même au delà.
Chacun par ailleurs choisit périodiquement sa formule et la règle au moyen de chèques éducation, des dépenses supplémentaires plafonnées étant en partie déductibles de l'impôt à taux fixe de 16 % instauré il y a six ans lequel va passer dans deux ans après réduction drastique de la dette publique, aux 12 % prévus, et bien suffisants.
Le suivi personnalisé et l'évaluation détaillée comme la mutualisation intelligente de ressources de qualité associée à une formation continue régulière de tous les professionnels intervenant à un titre ou un autre dans le processus d'instruction, sont maintenant au principe de la plupart des offres scolaires et de formation de tous niveaux, privées et publiques.
Celles-ci privilégient le temps utile, le souci de la différence et de l'excellence, et combinent tour à tour apprentissage, saine concurrence, et compétition en chacune des étapes proposées. L'on n'oppose pas ici pragmatisme et humanisme, on les conjugue. Il faut aussi qu'à un talent puisse correspondre ou se proposer un métier ou plusieurs.
L'Etat à présent se contente seulement d'instituer deux évaluations nationales à 12 et 16 ans, dont la mise en oeuvre sans cesse améliorée est du reste déléguée sur appels d'offre à des entreprises et associations spécialisées. Veillant par ailleurs au respect des droits fondamentaux, il prévient vigoureusement toute dérive intégriste et la met hors-jeu. Pour le reste il n'intervient plus à tous propos mais laisse faire, arbitre en dernier recours surtout pour que reprenne le jeu. Les canards boiteux disparaissent inexorablement. Ainsi la confrérie globale, laquelle avait tant sévi du temps de la massification, a perdu l'an passé après deux ans de sursis, son dernier apprenant. Dorénavant, chaque élève, ce beau mot à la résonance un rien hébraïque, fait consciencieusement ses gammes et arpèges, et pas un qui ne sorte sans manier sa langue, et même une ou deux autres. La littérature, jeune rescapée, ne s'en porte que mieux. Et les mathématiques voient leurs énoncés autrement mieux décryptés.
A… compte intégrer dans deux ans, le programme "excellence et diversité des cuisines européennes" de l'Université franco-britannique. Quant à Marine, fervente admiratrice de l'oeuvre d'Alain Madelin, je crois qu'elle va opter pour l'Université des cinq continents et son programme "droits naturels et législations, l'impasse des droits à". Mais elle n'arrêtera la musique. N…, lui, a fait une pause et voyage, on ne lui en tiendra rigueur bien au contraire : on veut de ces intelligences forgées en réalités, on a besoin avant tout d'entrepreneurs, au sens large, ces artisans qui d'un petit rien tressent des chemins praticables.
Ce sont les écoles et les universités, associées ou non entre elles, qui élaborent parcours et diplômes de leur choix, et même si au final, bien des pneus se ressemblent un peu, la diversité toujours créatrice est ici au rendez-vous. Il n'y a cependant plus de concours, tout se passe par examen comme ailleurs, et à tout âge. Du reste, il ne viendrait plus à l'idée de personne de se croire propriétaire de la place qu'il occupe, et ayant enfin appris des américains, nous prions partout le meilleur de circuler périodiquement ; c'est devenu une habitude, et à tous les étages. Personne ne s'en plaint, la réussite étant ainsi jouable pour chacun au mieux de son optimum : lapin, lièvre, grenouille ou belette, même la pierre a ses chances. Quant aux secondes tigres elles font l'admiration de tous. Le classement de Shangaï en atteste, nous sommes revenus parmi les meilleurs, nos Nobels du reste le confirment.
Gérées par les grandes régions ou parfois par de grandes communes, les écoles publiques sont cependant encore majoritaires. Elles s'associent même entre régions européennes ou à des réseaux privés. Saine concurrence. Ainsi La région Midi-Languedoc déjà baguée à la grande Catalogne, s'est jointe récemment au Bade-Wurtenberg, et au réseau européen des écoles privées d'ingénieurs, pour créer une filière multisites : Nanomatériaux et maisons "intelligentes", à l'Université européenne Friedrich A Hayek.
La France, non plus que d'autres identités ne s'est pourtant diluée, bien au contraire : par le vent des dialogues, elle a repris pied et peu ricanent désormais.
Les politiques, eux, ne cumulent plus les mandats, et des périodes de jachère sont obligées : l'honneur conféré à ces délégations de haute volée ne s'en porte que mieux.
Le monde est toujours plus complexe et pour cela nous veillons au mieux à faire place à temps à chaque intelligence au plus proche de ce potentiel si fragile que chacun porte en lui, mais nous acceptons aussi qu'en ce pays, les feuilles puissent ne pas avoir de fruits… comme le disait René Char. L'on ne saurait dorénavant se laisser déposséder de son potentiel de partage, sans quelque indignité, et tout, au plus près s'échange ainsi bien mieux efficacement.
"Soyons enfin clairs". Ce qu'on veut vendre, on ne peut le présenter à la dérobée, déjà enrobé de motifs contradictoires. Le libéralisme, dont notre pays n'a de pratique que marginale, tant tout toujours y est d'abord encadré, répertorié, surveillé donc, le libéralisme et son infinie conjugaison de la liberté et de la responsabilité en chacun, ce génial principe d'auto-organisation dynamique est le seul avenir démocratique et économique à cultiver comme la seule porte de sortie par le haut du reste.
Face à l'économie des places et son détestable pendant faussement compensateur, l'os à ronger de l'égalitarisme, osons enfin l'économie des compétences ouverte, changeante, imaginative.
Et ainsi, toujours mieux, par ce changement de paradigme, nous conjuguerons nos champions déjà existants à d'autres enfin libérés du glacis bureaucratique et qui manquent pour l'heure dangereusement à notre avenir.
PHS
22:11 Publié dans Paradigme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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