26.02.2009
Voilà le blème
"Le Ministère de la santé pourrait généraliser ce dispositif… " annonce la présentatrice du JT d'A2, à propos d'une initiative intéressante à Tinchebray, dont le journal vient de se faire l'écho.
Dans ce bourg normand, qui a bien du mal à attirer des médecins, comme tant d'autres zones rurales, un étudiant de troisième année de médecine a contracté avec le maire, un accord lui permettant de financer ses études. En échange d'une bourse de 31000€ annuels jusqu'au doctorat, il s'engage à s'installer dix ans dans ce bourg de 55 000 habitants, ce qui fait moins d'1 euro annuel pour s'attirer un médecin, lequel bien sûr pourrait rester au delà.
Pas besoin de généraliser cette initiative (la faire connaître oui, si fait) , mais la journaliste en parlant de "dispositif", s'est trahie : la libre disposition de contractants, déjà s'est perdue dans ce terme passe partout du volapuk administratif. Dorénavant ce qui s'est inventé là autour d'un besoin, pourrait devenir une disposition obligée. "Puisqu'on te paie tes études, viens que j'te dis à Tarquouette la belle alouette… t'as pas le choix"
Si le Ministère s'en mêlait au delà de répercuter l'initiative en ne se l'attribuant pas, sûr qu'on y mettrait bien vite, de l'administratite, de la gestionnite, ça provoquerait des incohérences et pour finir ça coûterait plus cher ou beaucoup plus cher, générerait des incohérences et ferait fuir. Mais l'inutile veut être de la partie, il s'invite et déjà la fige en un dispositif, pain béni du bureaucrate, matière première de l'usine à décrets.
Qu'on s'abstienne donc sagement d'y mettre son grain de sel, et cette intelligence de la société civile, outre qu'elle essaimera naturellement, en générera d'autres encore mieux adaptées, sans nuls coûts autres que ceux, modestes et librement contractés, qui rendent une offre mieux attrayante, à celui qui un temps ou toujours, sera médecin de campagne. Sans nulle autre implication d'autres budgets pas concernés. Ah, surtout qu'on laisse faire !
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25.02.2009
Le fonds du problème
Passer de l'économie des places à l'économie des compétences suppose que l'on entende que chacun, et même le meilleur, sans nulle exception, n'est possesseur de la place qu'il occupe à un instant T de son parcours. C'est refuser cette appropriation qui ressort de l'excès d'un droit à, sorte de ver dans le fruit des droits de. C'est donc logiquement en venir à s'interroger résolument sur les modes de sélection et us et coutumes qui dans les faits réservent des places publiques ou assimilées. C'est de fait sortir du système des concours qui prévaut au plan public et opter pour l'examen, à l'effectif de reçus varié, et ne fournissant nulle garantie de l'obtention d'une place à vie, aussi intime soit-elle. C'est s'acheminer enfin, vers l'abolition du statut de la fonction publique, et opter pour un retour de l'emploi public à un régime commun.
Tergiverser ici, autre nom sans doute pour politiser, serait ne pas se mettre en mesure d'oeuvrer à un plan de sortie lisible, aussi perturbant puisse t-il apparaître à nos contemporains, et l'on pourrait là être surpris de l'avance qu'ont certains sur les dîtes élites, lesquelles peuvent tout de même être soupçonnées parfois de quelque conservatisme quant à l'avantage acquis, tout autant et à moins vil prix, que les corps de troupe pléthoriques dont elles s'entourent.
Dans le monde que nous visons, chacun sachant qu'il n'est pas propriétaire de la place qu'il occupe un temps, acceptera la réalité du marché
Dans ce monde là, chacun devenu mieux attentif, fera le plus grand cas de ce qu'il entend et vois chez son interlocuteur, plutôt que de son positionnement réel ou supposé dans une hiérarchie, dans ce monde là, l'échange sera réellement ouvert et la rencontre une promesse.
Dans le monde que nous visons, le partage ne sera à priori délégué à personne ni aucune entité anonyme, mais assumé par chacun comme le plus sûr moyen d'augmenter encore le terrain de jeu lorsque certains en sont exclus. En ce monde là, l'échange est la norme et la matrice de toutes les dignités, le partage n'est que la transition nécessaire au retour dans le jeu.
Dans ce monde là aussi on reconnaîtra ceux qui concentrent la richesse, en un point du jeu, comme des sources précieuses et indispensables à la prospérité de tous, sans lesquels l'énergie dilapidée serait toujours insuffisante pour entreprendre quoi que ce soit.
Aucune activité ne sera à priori là, confisquée par l'Etat, celui-ci se contentant d'arbitrer en droit aux fins de préserver le jeu et de le relancer. L'Etat lui-même, simple, aux coûts contrôlés et au budget forcément équilibré, ne pourra garantir ses troupes d'aucunes règles particulières qui feraient exception du lot commun. Dirigé par des élus au mandat unique, obligés régulièrement à des périodes de jachère, il n'agira généralement qu'en vertu d'une application toujours plus subtile du principe de subsidiarité, entendue comme ascendante. La stricte séparation des pouvoirs conférera au pouvoir judiciaire une vraie indépendance et il faudra songer à ce que certaines fonctions et non les seules subalternes puissent être attribuées par élection, avec limitation dans le temps et l'espace des mandats. La contribution financière du citoyen aux diverses institutions de l'état (de grandes communes, 10 ou 12 grandes régions, l'assemblée et le sénat, le gouvernement et la présidence plus quelques institutions de haute autorité) sera proportionnelle à ses revenus, et non progressive. L'action sociale pour lutter efficacement contre les handicaps ponctuels ou de long cours relèvera d'un impôt négatif. Fixant le cadre général de l'éducation et veillant à y faire respecter les droits fondamentaux, l'Etat se retirera cependant de la gestion des écoles, y compris publiques, se contentant de fournir aux familles des chèques éducations démonétisés, principal moyen de financement de la scolarité. Il laissera ainsi un vrai marché de l'éducation et de la formation se constituer librement, y compris au plan des diplômes, des parcours et des méthodes.
L'assurance de chacun quant aux risques et protections de la vie, maladie, prévoyance, retraite, reviendra à chacun, une obligation transitoire d'assurance minimale pouvant être exigée dans un premier temps, mais chez l'opérateur public ou privé de son choix (CPAM, assurances ou mutuelles). Les entreprises dont ce n'est le rôle seront libérées de la gestion directe de la protection sociale.
A suivre…
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